À l’ONU, Luis Abinader affirme qu’il n’existe pas de solution dominicaine à la crise haïtienne

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 Le président dominicain appelle la communauté internationale à accélérer le déploiement de la force internationale en Haïti, à appliquer l’embargo sur les armes et à renforcer les institutions haïtiennes.


À l’ONU, Luis Abinader , voa lakay

NEW YORK, 23 septembre 2026. — Le président de la République dominicaine, Luis Abinader, a consacré une partie importante de son intervention devant la 81e Assemblée générale des Nations unies à la crise haïtienne. Il a appelé la communauté internationale à fournir les ressources nécessaires pour lutter contre les groupes armés, renforcer les institutions haïtiennes et créer les conditions permettant au pays de retrouver progressivement la stabilité.

Luis Abinader : « Il n’existe pas de solution dominicaine »

Dans son discours, Luis Abinader a réaffirmé que la République dominicaine ne pouvait pas être chargée de résoudre la crise qui affecte Haïti.

« Il n’existe pas de solution dominicaine à la crise haïtienne », a déclaré le président dominicain, ajoutant qu’aucun État ou organisme ne pouvait imposer à son pays d’assumer cette responsabilité à la place d’Haïti et de la communauté internationale.

Le chef de l’État a toutefois présenté la situation en Haïti comme une question ayant des conséquences directes sur la sécurité de la République dominicaine. Il a indiqué que son gouvernement continuerait de protéger la frontière, d’appliquer ses lois migratoires et de renforcer ses forces armées.

Selon Abinader, la réponse à la crise doit cependant être menée principalement sur le territoire haïtien, avec un soutien international.



« La solution de Haïti est en Haïti »

Le président dominicain a insisté sur la nécessité de permettre aux Haïtiens de retrouver des conditions de vie normales dans leur propre pays.

« La solution de Haïti est en Haïti », a-t-il déclaré, appelant la communauté internationale à rendre cette solution possible sur le territoire haïtien.

Il a notamment évoqué la nécessité de permettre aux enfants de retourner à l’école et aux jeunes Haïtiens d’avoir des perspectives d’avenir dans leur pays. Il a également mentionné la possibilité pour les citoyens haïtiens de participer à nouveau à des élections lorsque les conditions de sécurité le permettront.

Trois priorités pour répondre à la crise haïtienne

Luis Abinader a ensuite présenté plusieurs mesures qu’il estime nécessaires pour faire face à la situation sécuritaire en Haïti.

La première consiste à compléter le déploiement de la force internationale autorisée pour combattre les groupes armés. Le président dominicain a souligné que la force ne disposait actuellement que d’une partie des effectifs initialement autorisés.

La deuxième priorité concerne l’application de l’embargo sur les armes et les sanctions contre les personnes qui financent ou protègent les groupes armés.

Enfin, Abinader a demandé un renforcement de la Police nationale d’Haïti, des Forces armées et du système judiciaire, afin que les institutions haïtiennes puissent progressivement assurer elles-mêmes la sécurité du pays.


Luis Abinader, voa lakay


La situation humanitaire au cœur du discours

Le président dominicain a également évoqué l’aggravation de la situation humanitaire et sécuritaire en Haïti.

Selon les chiffres cités dans son intervention, au moins 47 personnes auraient été tuées en une seule nuit, dont cinq enfants, tandis que près de 1,5 million d’Haïtiens auraient été déplacés de leurs foyers. Ces chiffres ont également été rapportés par plusieurs médias dominicains dans leur compte rendu du discours.

Abinader a estimé que l’Assemblée générale des Nations unies ne pouvait pas considérer les massacres comme une situation normale pour la population haïtienne.

Son intervention a ainsi mis l’accent sur l’urgence d’une réponse internationale, alors que la situation sécuritaire continue d’affecter une grande partie du territoire haïtien.

Le mandat de la force internationale arrive à échéance

Un autre point central du discours concerne le mandat de la force internationale chargée d’appuyer les efforts contre les groupes armés en Haïti.

Selon les déclarations du président dominicain, le mandat doit arriver à échéance le 30 septembre 2026. Abinader a appelé le Conseil de sécurité à le renouveler tout en garantissant que les ressources et les effectifs nécessaires soient effectivement disponibles.

Pour le président dominicain, renouveler le mandat sans compléter le déploiement reviendrait à prolonger un engagement qui n'a pas encore été pleinement exécuté.

« Renouveler sans compléter serait prolonger une promesse sans la tenir », a-t-il déclaré, appelant à agir en quelques mois plutôt qu’en plusieurs années.


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La République dominicaine demande une réponse internationale

Le discours de Luis Abinader intervient alors que la République dominicaine continue de considérer la crise haïtienne comme un enjeu majeur pour sa sécurité nationale.

Le gouvernement dominicain affirme parallèlement poursuivre le renforcement de ses forces armées et l’application de sa législation migratoire. Abinader a également rappelé que son pays avait apporté différents soutiens aux efforts internationaux concernant Haïti, notamment dans les domaines financier, logistique et sanitaire.

La position présentée à l’ONU est donc double : Santo Domingo affirme vouloir protéger son territoire et ses intérêts nationaux, tout en demandant une implication accrue de la communauté internationale dans la stabilisation d’Haïti.

À la tribune des Nations unies, Luis Abinader a placé la crise haïtienne parmi les principales préoccupations de la République dominicaine. Son message central est que la solution doit être construite en Haïti, avec un soutien international permettant de combattre les groupes armés et de renforcer les institutions nationales.

Le président dominicain demande notamment l’achèvement du déploiement de la force internationale, l’application de l’embargo sur les armes et le renforcement de la Police, des Forces armées et de la justice haïtiennes.

Alors que le mandat de la force arrive à échéance le 30 septembre, la question demeure désormais celle des moyens qui seront effectivement mobilisés par la communauté internationale pour répondre à la crise sécuritaire haïtienne.

Merci-Dieu Jean

Voa Lakay

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