L’assassinat du président haïtien Jovenel Moïse continue de hanter la mémoire nationale et de soulever des interrogations profondes. Plus de quatre ans après les faits, une nouvelle déclaration vient raviver le débat public. Le politologue Sauveur Pierre Étienne a fait des révélations remarquées sur les ondes de Radio Métropole, avançant des accusations graves concernant le rôle présumé de certaines autorités diplomatiques haïtiennes en poste à l’étranger au moment des faits.
Selon lui, l’ambassadeur d’Haïti en République dominicaine à l’époque, Smith Augustin, aurait délivré les visas d’entrée aux mercenaires colombiens impliqués dans l’assassinat du chef de l’État. Une affirmation lourde de conséquences, qui, si elle était confirmée par la justice, pourrait redessiner la compréhension des réseaux ayant facilité l’opération.
Le politologue affirme détenir des éléments de preuve. Toutefois, à ce stade, ces déclarations restent des accusations publiques qui devront être examinées avec rigueur par les instances judiciaires compétentes. Dans un contexte où la quête de vérité progresse lentement, chaque nouvelle prise de position ravive l’espoir d’obtenir enfin des réponses claires.
Au-delà de la question des visas, Sauveur Pierre Étienne a également évoqué le rôle de Claude Joseph, alors Premier ministre par intérim et ministre des Affaires étrangères. Il rappelle que ce dernier avait soutenu la nomination de Smith Augustin et qu’après l’assassinat du président, il avait déclaré publiquement que « tout est sous contrôle ». Pour le politologue, cette déclaration mérite aujourd’hui d’être réinterrogée à la lumière des événements et des informations disponibles.
Ces propos interviennent dans un climat national toujours marqué par l’instabilité politique, la défiance institutionnelle et une justice en quête de crédibilité. L’affaire de l’assassinat de Jovenel Moïse dépasse le simple cadre d’un crime politique : elle touche au fonctionnement de l’État, aux mécanismes diplomatiques et aux responsabilités individuelles et collectives.
Il convient cependant de rappeler un principe fondamental : dans un État de droit, toute accusation doit être prouvée devant les tribunaux. Les révélations médiatiques, aussi troublantes soient-elles, ne remplacent ni l’enquête judiciaire ni la présomption d’innocence. Mais elles participent au débat public, surtout lorsque la population réclame transparence et vérité.
Aujourd’hui, une question centrale demeure : comment des ressortissants étrangers lourdement armés ont-ils pu entrer sur le territoire haïtien et organiser une opération d’une telle ampleur? Les responsabilités sont-elles uniquement opérationnelles ou également institutionnelles?
L’histoire retiendra que l’assassinat de Jovenel Moïse a marqué un tournant dramatique pour Haïti. Mais l’avenir dépendra de la capacité des institutions à établir les faits, à identifier clairement les responsabilités et à restaurer la confiance.
La vérité sur l’assassinat de Jovenel Moïse est-elle encore possible, ou restera-t-elle fragmentée par les intérêts politiques et diplomatiques?
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Voa Lakay

